Le projet ARISER partage ses résultats sur la diversité des cultures et la résilience des agricultures face au changement climatique

Dans le cadre du projet ARISER (Access to Crop Diversity and Small Farms’ Resilience to Climate Variability in African Drylands) financé par le Conseil Européen de la Recherche (ERC) et coordonné par Dr. LABYERIE Vanesse du CIRAD (Centre de Coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement de Montpellier – France) en partenariat avec la Faculté Polydisciplinaire de Larache (Université Abdelmalek Essaadi, Maroc), plusieurs activités de restitution et de partage des résultats ont été organisées au Maroc du 9 au 15 juillet 2026.

Le projet ARISER, mis en œuvre de 2022 à 2027 dans trois pays (Maroc, Sénégal et Madagascar), réunit une équipe interdisciplinaire de chercheurs en sciences sociales et biologiques. Il a pour objectif de mieux appréhender le rôle de la diversité des plantes cultivées dans la résilience des exploitations agricoles familiales des zones arides face à la variabilité du climat. Il s’intéresse aussi aux mécanismes qui facilitent ou entravent l’accès des ménages ruraux à cette diversité cultivée. En croisant des enquêtes qualitatives, des enquêtes quantitatives et la modélisation, le projet assure un suivi longitudinal des mêmes ménages, permettant de comparer les dynamiques observées dans les sites étudiés.

Au Maroc, les professeurs EL FATEHI Salama et HMIMSA Younès, de la Faculté Polydisciplinaire de Larache, pilotent le projet. Les enquêtes sont menées dans six villages de la commune de Bni Garfett et portent sur les mêmes ménages suivis pendant quatre années consécutives ainsi que deux thèses complémentaires :

  • Une thèse en ethnographie, réalisée par COBELLI Océane, qui examine, à travers une méthodologie ethnographique, les impacts des changements agricoles et alimentaires sur la diversité des plantes alimentaires dans la région ;
  • Une thèse en sciences agronomiques, réalisée par MSELLEK Wissal, qui porte sur la caractérisation de la diversité des populations locales du pois chiche et l’évaluation de leur capacité d’adaptation aux stress climatiques.

Dans une démarche de recherche participative, des ateliers de restitution ont été organisés du 9 au 16 juillet 2026 dans les communes de Bni Garfett et Boujediane. Ces rencontres ont permis de présenter aux agriculteurs et agricultrices ayant participé au projet les principaux résultats des enquêtes et des travaux doctoraux, tout en recueillant leurs analyses, leurs attentes et leurs aspirations pour l’avenir de l’agriculture locale.

Un moment fort de cette restitution fut la représentation d’une pièce de théâtre-forum organisée par l’Association Gorora pour les Arts et la Culture à la commune de Bni Garfett. Cette initiative a permis d’ouvrir le dialogue entre chercheurs, agriculteurs et acteurs locaux sur les défis actuels et futurs de l’agriculture Jbala et les stratégies d’adaptation au changement climatique.

Une journée scientifique de restitution a également été organisée à la Faculté Polydisciplinaire de Larache le 14 juillet 2026, rassemblant chercheurs, doctorants, représentants des institutions publiques et acteurs du développement agricole. La séance d’ouverture a été présidée par le Doyen de la Faculté, le Pr. BENNANI MECHITA Mohcine, en présence du Vice-Doyen chargé de la Recherche scientifique et de la Coopération, le Pr. CHAIRI Hicham. Cette journée a été l’occasion de partager les résultats scientifiques, d’échanger sur les expériences et de réfléchir collectivement aux leviers pour accompagner les transitions agricoles dans un contexte de changement climatique.

Les premiers résultats du projet mettent en évidence plusieurs enseignements majeurs. Ils soulignent que la diversité des cultures est un élément clé de la résilience des exploitations agricoles familiales face aux incertitudes du climat. Les agriculteurs cultivent différentes espèces et variétés pour atteindre divers objectifs : assurer la sécurité des productions, répondre aux besoins alimentaires des ménages, valoriser les ressources disponibles ou saisir des opportunités économiques. Cependant, la diversité des cultures reste limitée par les ressources des exploitations, notamment les terres, la main-d’œuvre, l’eau et les moyens financiers. Les résultats montrent également que les divers modes d’accès aux semences – autoproduction, échanges entre agriculteurs, marchés locaux (souks), dons ou achats auprès de différents fournisseurs – jouent tous un rôle complémentaire dans le maintien de la diversité cultivée. Ils soulignent ainsi l’importance de reconnaître, préserver et soutenir la pluralité des systèmes d’approvisionnement en semences afin de renforcer la résilience des agricultures familiales face aux défis climatiques.

Enfin, les connaissances scientifiques produites par le projet ARISER contribueront à éclairer les politiques publiques et les stratégies de développement, qui favorisent la mise en place de systèmes agricoles plus diversifiés, plus résilients et mieux adaptés aux changements climatiques dans les zones arides africaines.